« KƆKƆLI » mot d’origine ewe qui signifie « dépotoir » ; spécialement choisi pour choquer, le nom de cette exposition est à la fois exégète et paradoxe des œuvres qui y ont été exposé. Avec pour thème d’exposition : Réinventer l’impossible : Là où l’Art rencontre la Technologie ; un mariage entre la mécanique et le savoir-faire artistique, entre un désir de rappel de la condition de consommation humaine, des œuvres fait de reste de machines et de technologie c'est dans cette inspiration que ce 8 Mai 2025, à Lomé, l’artiste sculpteur ATISSO GOHA porté par ARTEMIS Galerie, s’offre une exposition époustouflante dans les locaux de CFAO Mobility. Avec un public plutôt au rendez-vous, nous découvrons un artiste à l’imagination et au travail immense (I), une exposition qui émerveille (II) et qui transmet son message de façon aussi simple que possible (III).



I- Une imagination et un travail artistique de grandeur :
Se désignant comme ce qu'il est : "le sculpteur des Géants" et, de ce fait, sculptant des œuvres (généralement en bois puis recouvertes partiellement de plaques de métal ou d'objets de récupération, et/ou peintes) pouvant mesurer jusqu'à 7 mètres de hauteur, Atisso Goha n’est pas un artiste dont on peut se permettre de minimiser le travail et son exposition Kɔkɔli ne déroge pas à cette règle de gigantisme.
L’artiste s’offre en créativité la manière et l’art de faire. Avec seize œuvres dont deux en bois et quatorze autres en objets mécaniques et métalliques récupérées sur des décharges à ordures, nous avons été témoins de résultats qui sans doute sont nées de centaines d'heures de travail. « J’ai commencé certaines œuvres depuis 2023, d'autres depuis Janvier. Je ne peux pas réellement donner le temps que j’ai passé dessus mais j’ai beaucoup travaillé » ; nous répondra-t-il quand on lui a posé la question de savoir combien de temps ces créations lui ont pris. Ceci témoigne si bien de l’assiduité et de l'âme de travailleur de Atisso Goha. Le choix d'avoir en représentation des animaux sauvages pour son exposition était un désir d'exprimer « la puissance que contenait les machines et l’animosité des hommes dans leur consommation excessive et leur abandon de ces machines » dira t-il. Une vision qu'il a su traduire, à travers essentiellement douze de ces œuvres sur la sextaine présentés.


II- Des métaux et de la technique ; une exposition époustouflante :
Déjà quelque peu entravé par une heure et vingt minutes de retard au début, une prestation et une présentation timide et bancroche tant de l’artiste que du maître de soirée, la responsable de ARTEMIS Galerie, aura été l’unique personne qui aura empreint la soirée par sa prise de parole. Toutefois, ces quelques accrochages n’ont pas altéré la beauté de l’exposition. Des œuvres mesurant quelques cinquante de centimètres à l’œuvre star de la soirée qui se dresse à un peu plus de trois mètres tant en hauteur quand longueur, en passant pas d'autres œuvres à simple échelle humaine on retrouve ; quatre sculptures de volatiles (Petit Ange - 500.000 fcfa, Hevi - 500.000 fcfa, Hezozo - 900.000 fcfa, La Belle - 500.000 fcfa) quatre sculptures d’herbivores (Géant Mythique - 20.000.000 fcfa, La Force - 2.000.000 fcfa, Biche Mignon - 1.500.00 fcfa, Elanvie - 3.000.000 fcfa), une sculpture d’omnivore (Phacochère - 1.600.000 fcfa), et trois sculptures de carnassiers (Gardien de la paix - 3.500.000 fcfa, Ekponvi - 1.500.000 fcfa, Sika - 2.500.000 fcfa) ; se succèdant depuis la façade de CFAO Mobility, en passant par le jardin et en terminant dans la showroom. Pour une matière aussi peu malléable que des engrenages, des pistons, des amortisseurs, des câbles et autres ferrailles usagés, les résultats sur ces différentes sculptures étaient sans appel. Les morphologies sont si bien souvent respectées ; la soudure sur chaque partie, de chaque courbure, de chaque “plumage” est fait avec soin et même la morphologie exagérée pour certaines, l’auteur y a réussi à insuffler du réalisme. Des fois, à fixer longtemps une œuvre, on croirait qu'il pourrait prendre vie. Douze œuvres métalliques qui sont une critique sociale de la consommation exubérante et qui sont à la fois cohérentes et diversifiées. Le lieu de l’exposition se trouve être d’une complémentarité entre l’idée même de l'exposition dans le fond pour la critique que dans la forme pour les matières utilisées.
![]() |
| Photo œuvre : Elanvie vu de côté en haut et vu de face en bas. |

Si les œuvres ont eu de quoi éblouir, le vernissage dans son ensemble est resté un évènement comme un autre. Toutefois elle aura bénéficié de la curiosité qu'elle a pu susciter au travers de sa communication. Le public aura été au rendez-vous même s'il n’a pas toujours été très respectueux avec les œuvres en se permettant de les toucher à tout va. L’artiste était d'une disponibilité appréciable pour répondre aux questions que le public ça et là s'est permis de lui poser. L’exposition interpelle, elle est engagée, elle ouvre les yeux sur la consommation excessive, sur l’écologie, sur le recyclage, sur la bêtise humaine, et sur la capacité de l'art à se présenter sous toutes les formes impossibles.

.jpg)
Quelques autres photos de l’exposition « KƆKƆLI »
![]() |
| Photo œuvre : Biche mignon vu de gauche en haut, vu de droite en bas. |

![]() |
| Photo œuvre : Hévi vu de droite en haut, vu de gauche en bas. |

![]() |
| Photo œuvre : Gardien de la paix vu de face en haut, vu de côté en bas. |

![]() |
| Photo œuvre : Géant Mythique vu de coté en haut, vu de face en bas. |

![]() |
| Photo œuvre : Phacochère |
![]() |
| Photo œuvre : Petit Ange |
![]() |
| Photo œuvre : Hezozo vu de côté en haut, vu de bas en bas |

![]() |
| Photo œuvre : Ekponvi |
![]() |
| Photo œuvre : La Force |
![]() |
| Photo œuvre : Gardien de la paix vu de bas |












Commentaires
Enregistrer un commentaire