Critique du spectacle d'humour « MONOCHROME » : du rire entre ombre et éclats


Faire d’une couleur unique un spectre de lumière, c’est le pari improbable que le spectacle d'humour MONOCHROME a réussi à relever. Pré annoncé depuis le 23 novembre 2024, teasé le 7 mars 2025, c’est finalement en mai 2025 qu’on revoit le remarquable BALOGOU sur scène avec une ferveur latente. MONOCHROME étant la suite logique et humoristique du spectacle duochrome EN NOIR ET BLANC, on retrouve logiquement l’humoriste dans un registre maitrisé et une continuité qui, tout de même ne perd pas le public qui n’aurait pas assisté au premier spectacle. Au madrigal, ce samedi 10 Mai 2025 on a assisté à un spectacle avec une première partie impeccable marquée par une polychromie d’humoristes talentueux (I) pour préparer la seconde partie marquée par la prestation de l’hôte mais une seconde partie au démarrage lent, toutefois à la stabilisation rapide et surtout à l'atterrissage maîtrisé (II) ; on retiendra que la splendeur de ce spectacle se trouve dans l’inattendu qu’il a su offrir (III).


  
De la gauche vers la droite (haut en bas): Pacôme, Brave, Maurice

I-
DES ARTISTES GENIAUX POUR UNE PREMIERE PARTIE GENIALE


Si la soirée a pris une heure de retard pour commencer et il faut dire que le public y a sa part de responsabilité, Valentin VIEYRA en bon maître cérémonie a su introduire la soirée et introduira les artistes tout le long du spectacle de façon magistrale en gérant les intermèdes de façon très agréable.
On retrouvera pour commencer la soirée ; PACÔME, connu dans un précédent spectacle d’humour, sa prestation ce soir au spectacle MONOCHROME était tout simplement envoûtant. J’en suis presque à en regretter la première critique que j’ai faite de lui car il faut souligner que depuis le temps, l’artiste à évoluer. Au Madrigal, ce soir-là, PACÔME livre une prestation semi-live sur deux titres qui n’ont pas du tout laisser le public indifférent. Une performance qui a posé l’ambiance de la soirée.

BRAVE déjà bien connu des scènes humoristiques loméenne a fait ce qu’il a toujours eu le talent de faire et il l’a très bien fait. Pas une seule de ses blagues n’a raté sa cible et il a porté sa prestation de bout en bout sans rater le moindre coche ; c’est un passage qui se félicite, dans tout son mérite.

MAURICE “ l’humauriste ” clôturera la première partie du spectacle MONOCHROME ; Si sa performance ne percute pas autant que les deux premières, on expliquera cela par le fait que c’est sa première scène toutefois celle-ci n’a pas à rougir et encore moins à être dépréciée. On retiendra un passage d’une nonchalance humoristique bien géré et un jeune humoriste qui a du talent brut à faire polir.

 Ces trois personnages sous l’égide du présentateur on su réveillé l’enthousiasme de la salle avant de voir arriver la star de la soirée.



II- D’UN FAUX DEPART A UNE CONCLUSION MAITRISEE : 

BALOGOU entre en scène dans une salle déjà bien chauffée et ouvre son spectacle avec simplicité. MONOCHROME reprend de nombreux codes de son premier spectacle EN NOIR ET BLANC, ce qui est cohérent puisque ce nouvel opus s’inscrit dans sa continuité. Toutefois, cette fidélité stylistique s’avère être à double tranchant. 

Dès le début de la seconde partie, on sent une baisse d’enthousiasme dans la salle car les premières blagues, centrées sur le sexe ou la sexualité dans son ensemble de l’humoriste, peinent à faire mouche. Est-ce un excès de pudeur ? Une gêne ambiante ? Ou un mélange des deux ? Toujours est-il que les réactions sont timides cela rappelle aisément ces moment identiques lors du précédent spectacle. Pourtant, il faut saluer, même féliciter la maîtrise de BALOGOU, qui ne se laisse pas déstabiliser par le silence. Il porte le silence de la salle et encaisse les temps faibles avec calme et rebondit intelligemment, il sait gérer les blagues qui ne passent pas et enchaîne avec de nouvelles blagues qui trouvent davantage leur public.

Ce démarrage poussif rend la seconde partie un peu terne et platonique dans ses premières minutes, d’autant que certaines blagues passent inaperçues, à cause d’une articulation parfois trop souvent floue de la part de l’humoriste. Mais heureusement, la suite du spectacle se rattrape avec brio. Plusieurs moments forts viennent rééquilibrer l’ensemble tels que les sketchs intégré dans la prestation mais surtout la participation du public à cela, ou encore les instants inattendus où BALOGOU révèle son talent de lyriciste. La première séquence glissée en milieu de spectacle apporte un instant de nouveauté puis reprise en conclusion du spectacle le “Blessing Jah” contribue à une sortie de scène maîtrisée.



III- Un spectacle à la splendeur inattendue : 


MONOCHROME est un spectacle devant lequel on passe indéniablement un bon moment. Sa première partie est menée sans faute tandis que sa seconde partie ne se laisse pas couler malgré ses moments moins fluide du début. Le spectacle surprend par ses détours en proposant de l’inattendu, et pour reprendre des propos entendus lors du spectacle : « l’humour ce n’est pas que le rire » et entouré de son équipe, BALOGOU réussit à faire une proposition qui trouve sa force dans cette ambition de ne pas se contenter de faire rire mais de surprendre. Aussi merci à Fofo Skarfo pour son mini live inattendu, ça fait toujours plaisir de le voir sur scène.


 Critique écrite par Komlan Mawuto




Commentaires

Enregistrer un commentaire