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Samedi 31 mai 2025 ; date historique. Premier sacre européen du club de la capitale française : le Paris Saint Germain. Première fois pour un pays de l’Asie du Sud-Est ; la Thaïlande plus précisément de remporter le concours de beauté Miss Monde. Ce soir là, le monde a vibré aux sonorités des premières fois mémorables et sur le continent africain, dans le quartier Agbalepedo au Togo, l’écrivain kT Martel a dignement répondu à l’appel. « Je n’ai jamais voulu être un écrivain comme les autres » ; ces paroles, pratiquement les premières qu’il a prononcées, résument assez bien la performance de haut vol qu’il a livrée à tous ces amoureux des mots qui étaient présents dans cette salle de l’Open The Box. Après une première partie de soirée dirigée d’une main de maître par la mère de l’écrivain et son frère qui ont fait voyager les spectateurs en reprenant en live des classiques de la musique togolaise ; de Bella Bellow à Jimi Hope (I) c’est orné d’un style vestimentaire, à l’étroite limite entre « je vais vous choquer » et « j’ai confiance en moi » saupoudré de beaucoup d’élégance, que l’artiste est apparu en seconde partie pour livrer un spectacle époustouflant (II). Pages, Ecrans & Résonances retiendra que c'était un soirée mémorable (III).

I- UNE AFFAIRE FAMILIALE :
CAFE LECTURE, EXPERIENCE 1. Comme le nom de l’évènement l’indique, il s’agissait, pour ce samedi entre 19h et 22h d’une première expérimentation, et l'auteur sans doute s'est permis d'expérimenter beaucoup de choses comme faire passer la première partie à ses spectateurs en compagnie de sa mère et de son frère. Pensé pour amortir le retard du public, kT Martel nous a offert une prestation en live sous couvert de la mélodieuse voix de « MAMAN » , une excellente dame qui accompagné du frère de l'auteur nous aurons fait passer un moment musical rétro et gospel purement togolais très savoureux. L'idée de ce cover live en première partie était excellent dans le sens où elle nous présentait dès le début l'auteur au travers d'une personne qui par moment serait centrale dans ses œuvres ce soir-là.
De Bella Bellow à Akofa Akoussa en passant par Jimi Hope et en finissant sur du Mawuto Tetey, la première partie aura été une enjambée musicale qui même intéressante ne nous aura pas assez préparé à la seconde partie qui nous aura mené jusqu'aux étoiles.

II- DE L'INCONNU A L'INATTENDU ; de la Terre aux Etoiles :
Café Lecture : EXPERIENCE 1 disait-on ; mais bien que ce soit une première ébauche, kT Martel en a mis plein les yeux à son public. Ce soir-là, rien n'était pareil, dès l'installation où on retrouvait ces enveloppes qui contenaient des sucettes pour chaque spectateurs mais surtout des fiches qui serviraient à noter les avis et critiques sur le spectacle ; si ce n'était pas une confiance en soi inébranlable prêt à recueillir l'émerveillement des participants c'est alors sans doute un besoin à féliciter de la part de l'auteur de recueillir des avis pour s'améliorer. Le Café Lecture le disait-il déjà « a été pensé comme un spectacle de lecture » et pour EXPERIENCE 1, il s’agissait de se fondre dans l’univers de l’écrivain d’une autre façon que par la lecture de ses textes mais par une lecture live par « l’écrivain de l’écrivain » dans une ambiance des plus chaleureuses et des plus conviviales.
« Je t’aime - Tu es ma couleur préférée - L’espoir et la foi - Mélancolie - RIP, Nye - dziƒo dɔla nyuie - Toxique - Un jour de plus au paradis - Gros yeux » ; en tout, neuf belles poésies qui auront été servies par kT Martel qui a dévêtu ses sentiments en même temps que les nôtres. Il nous aura au travers de sa voix portée par les mélodies du piano en fond fait vivre l'amour, la mélancolie, le deuil, l'espoir, la découverte et même l'engagement sans jamais présenter les choses d'une manière coutumière. Chaque prestation, chaque lecture, chaque poésie était inattendue, imprévisible et délicieusement surprenante. Et dans les lignes de cette critique, j'en profiterai personnellement pour revenir sur les textes qui m’ont le plus marqué ; en commençant par ; MELANCOLIE. Une balade poétique. Une poésie qui rend le cœur léger et enthousiaste de découvrir le vers suivant parce que le précédent nous a émerveillé. Dans Mélancolie, l’écrivain parle de ces femmes qu’il a connues, qu’il a aimées et qui sont finalement parties. Le premier point fort de Mélancolie est la force descriptive de l’écrivain. Chaque vers est une image de son amour vécu avec chacune de ces femmes à travers leurs corps, leurs peaux, leurs touchers et leurs parfums, leurs souffles chauds, leurs tremblements de jambes ou encore leurs gémissements. Ces descriptions sont osées à cause de leur caractère sexuel ; sujet tabou dans notre société traditionnelle, ce qui d'ailleurs pourraient choquer les lecteurs et les auditeurs mais l’auteur a parfaitement su, avec ses mots et ses tournures de phrase, rendre accessible ses vers nous plongeant dans une forme d’amour qui se veut passionnelle.
L’autre point fort de ce texte est son développement plus remarquable dans ce développement est la chute qui nous rappelle le titre du texte : Mélancolie. Après l’amour, la dure séparation et ensuite, la désolation mais ce dernier trait est posé avec contraste. Après un échec en amour, on a tendance à ne garder que tout ce qui a été négatif. Mais kT Martel nous a fait rêver et nous a rappelé tout ce qui a été beau. Malgré une fin triste, rien que pour toute la passion ressentie, on a envie d’appuyer sur le bouton Restart. Et ce sera ce poème qui aura définitivement lancé la soirée, offrant d'abord une réponse inattendue de la part d'une participante (Martine), qui part la suite partagera la lecture du texte : TOXIQUE.
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| kT Martel et Martine après la lecture de TOXIQUE. |
Ce texte est une promesse. La promesse que l’on fait à l’autre, parfois inconsciemment, d’être toujours là, de toujours l’aimer. De l’aimer bien jusqu’à l’aimer tant bien que mal tant qu’on l’aime. L’alchimie entre kT Martel et sa lectrice - spectatrice était tellement à son comble que je me suis demandé si en écrivant ce texte, il avait déjà en tête de le lire un jour, accompagné. Chaque vers prenait tout son sens et le tout était dans une logique infaillible. Ce texte est juste beau. Je vous mets ma partie préférée :
Tu es ma plus belle des malédictions,
Tu es ma plus belle des humiliations.
Tu es ma mauvaise idée préférée ;
Le seul scandale qui ne détruit pas ma réputation.
Sur cette même lancée, l'auteur invitera un spectateur pour lire le titre GROS YEUX ;
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| La lecture de GROS YEUX par un spectateur. |
L’écrivain, ici, dans un texte en prose cette fois-ci qui n’enlève cependant rien à la beauté de ses écrits décrit un amour innocent et totalement désintéressé. Le point fort de ce texte est encore une fois, comme il sait si bien le faire, la description. Le second point fort de ce texte est un sentiment qu’il m’est difficile de correctement nommer mais qui m’a poussé à une réflexion ; celle de savoir si l’auteur n’était pas dans une forme d’admiration obsessionnelle et fantaisiste ou alors s’il n’avait pas vécu un amour lointain, un amour qu’il a été le seul à vraiment ressentir.
kT Martel, Tiken Jah Fakoly mais sans les rastas ? On ne s'y attendait pas, mais vraiment pas mais kT Martel contrairement à ses affirmations qu'on lui connaît éveillera une fibre d'engagement et encore oui de manière inattendue qu'il titrera ironiquement TU ES MA COULEUR PREFEREE. Je crois que ce texte est celui que j’ai préféré. Il vient comme un coup de massue aussi violent que ceux qu’infligeait Laura à Nicky dans la célèbre série City Hunter pour nous rappeler que la poésie, au-delà de rendre beau, de faire rêver, de faire voyager peut ou même doit aussi parler de la réalité de nos conditions dans nos sociétés, conditions qui peuvent être déplorables.
Ce texte a été, pour moi, le mieux interprété. Toute l’énergie et toute l’émotion mises dans sa déclamation m’ont pleinement immergé. Les silences, qui mettaient l’emphase sur certaines parties, et le piano, qui s’intensifiait, étaient pour mon cœur un véritable branle-bas. Les jeux de mots ? Un véritable délice : « Essoré de liberté et de patriotisme. », pour exprimer qu’il est désormais vide et las des sentiments qu’il est sensé naturellement avoir pour son pays ; « Alors, on visa la loterie ». L’artiste, tout au long de son texte, a laissé de ces pépites qui ont rendu le texte plus poignant. L’autre point fort de ce texte qui en est aussi la colonne vertébrale, ce sont les couleurs. Mais surtout comment les couleurs sont associées aux différents maux qui gangrènent notre société : rouge pour le sang versé des citoyens ; jaune pour fièvre jaune, injustice, corruption ; vert pour conditions de vie misérables et désir d’en sortir en quittant le pays ; blanc pour désespoir. Et au-delà des couleurs, l’écrivain a fait une description générale de l’emblème national : « Sous ta bannière – On emprisonne les poètes... Et quand je rêve de liberté, Celle de ton étoile me paraît si loin ». Un autre point fort de ce cri est la chute qui traduit parfaitement la relation toxique qu’il entretient avec son pays quand il dit qu’on lui a proposé de le quitter, qu’il a refusé et qu’il est resté l’âme rebelle et les mots durs. Ce texte dans toute sa triste splendeur offre l'ouverture au texte de fin ; L'ESPOIR ET LA FOI. Et surtout pour le message que j’en ai perçu c’est un texte qui possède. Les mots et la manière dont ils sont utilisés sont un réel art :
Et quelque fois
Dans nos lits,
Idées sans idéal
Désirs en illégal moral
Vouloir céder la vie à la mort
Pourtant, elle est belle
Même si elle est possédée cette vie.
Je dirai, somme toute, que ce texte nous rappelle que c’est de l’obscurité que naît la lumière et donc que toute obscurité ne doit avoir sur nous qu’un effet : chercher la lumière.

III- C'EST DU KT MARTEL :
Quand on lit l’œuvre d’un écrivain, on apprend à le connaître, on peut se rapprocher de sa personne. Mais ce rapprochement n’est pas entier, il connaît une barrière. Cette barrière est paradoxale parce qu’elle est aussi l’élément déclencheur du rapprochement : l'OEUVRE. kT Martel a brisé cette barrière lors de son Café Lecture : EXPERIENCE 1. Il nous a dévoilé d’autres facettes de son art et il nous a aussi dévoilé qui il est, la personne, pas l’artiste. Au-delà de la très bonne interprétation de ses textes, magistralement accompagné d’un pianiste, il nous a permis d’échanger avec sa personne. Chacun avait un avis sur chacun de ses textes, avis que chacun a pu exprimer et Martel a répondu, débattu, expliqué. Et à chaque fois, avec le cœur. Il a même permis aux spectateurs de déclamer ses textes. Il a planté un décor chaleureux, presque familial et c’est en cela qu’il est surprenant : nous n’avons pas été qu’en face d’un artiste talentueux, nous avons aussi été en face d’un homme au grand cœur et ça ; c'est du kT Martel.
Merci Martel. Merci parce que tu vas au bout de tes idées. Merci parce que tu ne caches pas ton talent mais tu le dévoiles au grand jour. Merci parce que tu ne caches pas qui tu es. Cette expérience a été pour certains une belle découverte, pour d’autres elle a permis de se changer les idées et pour d’autres encore, elle a été une inspiration. Elle a été un cri d’encouragement, elle a été une parole bienveillante. Cette expérience leur a dit que peu importe les idées qu’ils ont, peu importe la folie qui les anime, il ne faut pas qu’ils aient peur de se montrer au monde, il ne faut pas qu’ils aient peur de cultiver leur talent. Merci Martel, vivement les prochains Café Lecture et bon vent ! Une grande carrière t’attend.
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| David Gottlieb ayant préparé sa critique depuis le spectacle. |
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| Une spectatrice prête à écrire sa critique. |
Et pour vous autres, chers lecteurs, chers amoureux des mots, chers rêveurs, les CAFE LECTURE avec kT Martel sont faits pour vous ! Au plaisir de vous y voir et revoir bientôt.
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| Photo d'ensemble en fin de spectacle |
Critique écrite par David Gottlieb.





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