Critique de « Dziƒoƒo » : Nana Tecla sublime l'ewe à travers la poésie et l'art plastique

 


Se réapproprier sa langue maternelle, la sublimer à travers la poésie et offrir une forme artistique et sensoriellement imager à cette poésie à travers de l’art plastique, c’est la performance qu’à tenu Nana Tecla avec son œuvre Dziƒoƒo et la soirée d’expo dédicace à la Galerie Artémis ce 10 Juillet 2025. Nous avons assister à une belle soirée qui mêlait artistiquement bien l’écriture et la peinture (I) au profit d’un recueil de poèmes qui mêlait amour, désir et tendresse présenter dans un beau tissu de langue locale (II) le tout sera dans un cadre qui a la fine mains pour accueillir des moments particuliers (III).


De gauche à droite : Roger LASMOTHEY, Nana Tecla, DG AWOUDY


I- UNE BELLE SOIRÉE DÉDICACE SUR PAPIER ET SUR MUR :


On passera outre le fait que le public togolais plus au moins dans son ensemble apprécie bien le retard mais sinon dans un point d’optimiste disons qu’il vous honore avec. La soirée dédicace et vernissage Dziƒoƒo s’ouvre sur les mots de M. Mawuse ; le directeur de la maison d’édition AWOUDY qui tout le long de la soirée tiendra le rôle de maître de cérémonie. Il présentera Nana Tecla et celle-ci le secondera pour adresser ses premiers mots avant que M. Roger LASMOTHEY ne prenne la parole et nous présente l'œuvre. A noter que l'œuvre a été écrite en langue locale et que ce dernier s’est chargé de le traduire en français. Ainsi donc, on jubilera de ses connaissances sur la langue ewe et ses expressions qui apportent ses touches d’originalité à la présentation de l’œuvre, la place dans son contexte mais surtout crée l’ambiance et de désir de la découvrir. En sus d’apprécier et de sublimer la femme à coup de police, de vers, de strophes et de rime ; l’autrice cherchera à épuiser cette admiration en mettant ces corps en couleur et en peinture sur un total de dix (10) tableaux aussi intime, érotique et naïvement simple les uns que les autres. Entre la personnification de l’œuvre en Apelete qui sublime la femme dans ses vers (on y reviendra dans la partie deux), la mini séance de lecture improvisé des textes uniquement en ewe et la partie de la dédicace s’achèvera sur un flot de questions à l’autrice qui nous permettra de mieux comprendre l’idée derrière l’écriture de ce recueil de poèmes et la présentation des œuvres plastiques.


Vernissage par Daniel AGBENONWOSSI


II- UNE ŒUVRE QUI MÊLE RÉAPPROPRIATION LINGUISTIQUE ET CULTURELLE SOUS FOND D’ÉROTISME :


Dziƒoƒo. C’est donc là le titre de la quatrième parution de Nana Tecla. Après Selfie (récit), Vies et visages (roman), Dessous de femmes (nouvelles) qu’elle dira sont « des filles » ; l’autrice s’offre à choix « un fils » (d’où le nom Apelete car c’est le prénom ewe qu’on donne au premier garçon de la famille) sous les traits de la poésie. Et ceci dans l’idée de sublimer la femme au travers le regard d’un homme mais écrit par une femme. De là, on pourrait de manière fugace se demander si se pourrait-être un recueil des paroles d’hommes qui ont eu la chance de s’enticher d’elle, de succomber à son charme cherchant désespérément à travers vers de séduction de la conquérir ?!

Quoiqu’il en soit il paraît peu probable que ces tentatives de séduction aient été faite en ewe car Nana Tecla en fera la remarque au même titre que M. Roger LASMOTHEY, l’amour, la sensualité, le désir, la tendresse sont des sentiments profonds rarement exprimés en langue locale dans nos milieux dans le parlé mais encore plus à l’écrit (même si la musique a su s’affranchir, elle de cette chaîne). Ainsi Dziƒoƒo qui pourrait se traduire par les mots “Battements de coeur” est né de cette constatation et essaie du mieux qu’il peut d’apporter sa pierre à l’édifice de la littérature en langue ewe et puis comme on le dit très souvent en ewe (ce qui est important pour soi c’est dans sa langue maternelle qu’on le dit. Malheureusement la langue n’étant pas assez indépendante, cette pierre linguistique se verra tenue par deux autres langues ; le Français et l’Anglais.

Toutefois, sans vouloir en faire un débat ce soutien est par moment la pierre d’achoppement pour comprendre l’essence même de certaines expressions. Car il faut le rappeler, l’œuvre a été écrite en ewe, à souligner d’abord qu’il existe vingt deux (22) déclinaisons de la langue EWE et le traduire en français ou en anglais au delà d’avoir sans doute été une tâche pour le moins herculéenne n’aura trouvé dans certains vers qu’un synonyme vague et pâle de ce que voulait réellement exprimer le vers, ou le poème ; Cependant le travail de traduction est impeccable tant en français qu’en anglais.
On ne trouve pas de grand défaut sinon aucun à l'œuvre hors ce présenté plus haut, un tantinet qu’il soit réellement des défauts mais qui ne retire rien à la beauté et à la qualité de l'œuvre. Les poèmes sont au nombre de dix (10) ni trop long ni trop court, dans un style simple mais agréable ; se contentant de sublimer la femme, son corps, les désirs qu’on éprouvent pour elle et l’amour qu’on lui voue.

Dziƒoƒo est une œuvre à acheter, à lire et à apprécier.


Couverture du livre

III- DE L’ART DANS L'OEUVRE, L’ŒUVRE AU SEIN DE L’ART :


L'œuvre est accompagnée d’une exposition de dix (10) tableaux qui ornent les murs de la Galerie Artemis. Une galerie qui a le chic d’accompagner des créations uniques et toujours inattendues. Si les œuvres plastiques de Nana Tecla n’apportent rien de révolutionnaire à l’art togolais, ils rappellent quand même chacun dans leur style, la naïveté d’une artiste ; chose qui manque pour la plupart du temps à un art qui n’est que plus souvent que des surenchères dans toute sa forme. Et la Galerie Artémis accueille cette exposition naïve mais appréciable dans ses locaux jusqu’au 15 Juillet 2025. Dziƒoƒo trouve une belle continuité dans ses différents partenariats tels que : Nadiaka, La Rousse FOODIES, AYAWA’S, Akoma, Belinda’s et Tinga qui l'ont accompagné dans cette soirée Dédicace et Vernissage.



Critique écrite par Komlan Mawuto


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